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Prix F.Bourdon

Académie François Bourdon - Conférences

  • Chaque année, un cycle de conférences traitant de sujets très variés, de l’histoire industrielle aux recherches de pointe, est proposé.

  • A noter : ces conférences sont ouvertes à tous et gratuites.

Yves Petroff

  • Né le 16 janvier 1937 à Mortagne (Orne) France

  • Diplômes : Doctorat ès-Sciences

  • 2004-2006 : Membre d’ESFRI (European Forum for Research Infrastructures)

  • 2004-2005 : Directeur-adjoint au Ministère Délégué Recherches et Nouvelles Technologies

  • 2001-2003 : LBNL-Université de Californie-Berkeley

  • 1993-2001 : Directeur Général de l’E.S.R.F. (Grenoble)

  • 1980 : Directeur de Recherches (CNRS), Directeur de L.U.R.E

  • 1977 : Directeur adjoint de L.U.R.E

  • 1975 : Professeur titulaire à l’Université de Berkeley, Maître de Recherches (C.N.R.S. – Paris)

  • 1973-1975 : N.S.F. Fellow – Université de Californie - Berkeley

  • 1971-1973 : « Research physicist » à l’Université de Berkeley – Département de Physique

  • 1966-1970 : Maître-assistant à l’Université P. et M. Curie

  • Spécialités : Structure électronique des solides, surfaces, supraconducteurs, lasers à électrons, rayonnement synchrotron

  • Associations: Président (Oct.2002-2005) de l’IUPAP (International Union of Pure and Applied Physics).

  • Conseils scientifiques : FNRS (Bruxelles), Max-Planck (Stuttgart), Elettra (Trieste) ASL (Berkeley), PLS (Pohang), BLS (Campinas), LCMI (Grenoble), IPMC (Grenoble)……

  • Distinctions : Légion d’honneur, Palmes Académiques, Mérite (Officier) ; Docteur Honoris Causa – Université de Liège, Université de Keele.

  • Prix : 1994 - Prix Robin de la Société Française de Physique / 1984 - Prix Becquerel de l’Académie des Sciences

  • Publications : Auteur ou co-auteur de 147 publications et de 120 papiers.

Jean-Philippe Passaqui

Nadège Sougy

Académie François Bourdon - Conférences 2005 / 2006

  • 28 mars 2006 :

  • "La culture du commandement et du chef dans les entreprises entre les deux guerres - Perspective comparative " - Yves Cohen - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - Paris

    • Il est un phénomène du XXe siècle qui n’a pas encore reçu son histoire : c’est l’essor très puissant des cultures et des pratiques du commandement et du leadership. Il s’agit d’un objet complexe parce qu’il relève à la fois des histoires culturelle, sociale et politique, de l’histoire industrielle et de l’histoire des sciences et des techniques.

    • A partir de la fin du XIXe siècle et surtout depuis la Première Guerre mondiale, dans de nombreux pays qui ont en commun d’avoir déjà connu le démarrage de la révolution industrielle, on peut constater des manifestations comparables : il s’agit de la formation d’un discours sur le commandement, de l’insistance sur la « nécessité de chefs », de la croissance massive de hiérarchies, en particulier dans le monde industriel mais aussi dans celui de la politique et du mouvement social. On voit apparaître une psychologie spécialisée dans l’étude et la pédagogie du leadership, la psychologie sociale (sous la forme de la psychologie des foules ou d’une psychologie expérimentale proche de la psychologie scolaire). Aux USA, en France, en Allemagne, en Italie, toute une littérature consacrée au commandement et au leadership se développe avec une force particulière dans les 50 premières années du XXe siècle. Dans de nombreux pays et de nombreux secteurs, des personnes se construisent en s’appuyant sur le titre de chef et la figure du chef. Des cultes du chef se déploient et pas seulement sous les régimes totalitaires fascistes, nazi et communistes où ils trouvent leurs formes les plus extrêmes.

    • Ce qu’on peut tenter d’établir, c’est que cet essor est lié à la massification et à la complexification de la guerre et de l’industrie. Un autre aspect multiforme qui joue son rôle est la crainte des foules politiques de la part des élites et la volonté de les contrôler, une crainte et une volonté qui ont un écho dans le mouvement ouvrier : le Que faire ? de Lénine en 1902, qui est à l’origine du bolchevisme, est un livre sur la meilleure « organisation de leaders » pour diriger les masses populaires vers la révolution. Le commandement et l’autorité sont durant cette période des préoccupations partagées par des groupes sociaux très divers dans des pays eux-mêmes très divers tout autant géographiquement, socialement que politiquement.

     

  • 28 février 2006 :

  • "L'accélérateur SOLEIL" - Yves Petroff

    • Conférence organisée avec la SFEN.

    • Le rayonnement synchrotron est produit lorsque des particules chargées, tels que les électrons, sont accélérées dans des accélérateurs circulaires, construits au départ pour la physique des particules. Les machines de la troisième génération, telles que l’ESRF (Grenoble) et bientôt SOLEIL (Saclay) ainsi que les progrès considérables dans l’optique des rayons X, ouvrent des possibilités complètement nouvelles dans de nombreux domaines.

    • SOLEIL est une source de lumière extrêmement puissante qui permet d'explorer la matière inerte ou vivante.

    • Domaines d'application de SOLEIL:

      • Recherche fondamentale: SOLEIL couvrira des besoins en physique, chimie et sciences des matériaux, en science du vivant, en science de la terre et de l'atmosphère.

      • Recherche appliquée: SOLEIL sera utilisé dans des domaines très différents tels que la pharmacie, le médical, la chimie, la pétrochimie, l'environnement, l'industrie automobile, mais aussi les nanotechnologies, la micromécanique, la microélectronique,…

      • Les applications industrielles seront nombreuses: matériaux, micromoteurs, médecine et biologie…..

       

  • 27 septembre 2005

  • "Du chêne au vin : le goût de l'échange" - François Feuillat

    • Depuis 1991, I'ONF collabore à des travaux sur l'élevage du vin en fûts neufs de chêne conduits par un groupe d'étude spécifique composé...

      • d'œnologues (IUW de Bourgogne, ITVV de Beaune),

      • de forestiers (ONF),

      • de spécialistes du matériau bois (ENGREF de Nancy et INRA de Montpellier)

      • et de l'analyse sensorielle (ENSBANA de Dijon),

      • de généticiens (INRA de Bordeaux),

      • des professionnels de la viticulture (BIVB)

      • et de la tonnellerie (FFT et Syndicat des tonneliers de Bourgogne).

    • Ces recherches ont porté, notamment, sur l'influence de différentes origines de chêne (espèces et forêts) sur la qualité des vins élevés en fûts de neufs au travers d'une série d'expérimentations en vraie grandeur.

    • La conférence proposée s'appuyait, en grande partie, sur ces travaux de recherches et invitait à se plonger dans l'univers fascinant du chêne et de la forêt, du bois matériau, à approcher l'art de la fabrication des tonneaux ou la subtile alchimie qui lie le vin au bois.

  • 30 novembre 2005

  • Jean-Philippe Passaqui, lauréat 2002 du Prix d'Histoire François Bourdon, présente son ouvrage " Du marché à la firme intégrée, la stratégie des Schneider, 1836-1914" - Presses Universitaires de Rennes

    • L'ouvrage couvre la période qui  s'étend de l'arrivée des deux frères Schneider à la tête de l'entreprise jusqu'à la Première Guerre mondiale. Il s'agit en fait de comprendre comment l'entreprise s'est construite dans le but d'être en mesure de se doter des ressources, des approvisionnements susceptibles de couvrir l'ensemble des besoins en minerais et combustibles de l'usine du Creusot pour pallier l'incapacité des fournisseurs extérieurs à respecter les contrats signés avec Schneider &Cie.

    • L'entreprise prend ainsi pied dans le Berry, devient exploitante de mines de fer alors même qu'Adolphe Schneider entendait la cantonner à la sidérurgie et aux constructions mécaniques. Au cours des années 1860, les difficultés rencontrées avec les approvisionnements en minerais de fer s'étendent aux approvisionnements charbonniers en raison des premiers signes d'épuisement de la houillère du Creusot et de l'incapacité des mines de Blanzy et de la Loire à fournir la qualité et la quantité de charbon que nécessite la grande diversité des productions creusotines.

    • Dans ce contexte, Schneider & Cie se portent acquéreurs, entre 1869 et 1872, de plusieurs exploitations dont, notamment, les mines de Montchanin-Longpendu en Saône-et-Loire, de La Machine dans la Nièvre, et de Beaubrun dans la Loire.

    • Est alors créé un département spécifique qui prend le nom de "Domaine minier" et qui, outre sa mission d'approvisionnement, doit constituer une source d'innovations et une vitrine de la maîtrise technique de l'entreprise.

    • Cette politique d'intégration finit toutefois par montrer ses limites. Il apparaît que les gisements exploités par l'entreprise sont souvent de faibles dimensions et ne présentent que rarement des ressources susceptibles de mobiliser d'importants capitaux. Aussi, il est nécessaire, dans ces conditions, de déplacer d'importantes quantités de produits pondéreux. C'est pourquoi, après 1895, la politique minière et sidérurgique de l'entreprise est adaptée. Eugène Schneider ferme une partie de ses exploitations minières, en revend d'autres et entend redéployer un certain nombre d'activités à proximité des ressources minérales en cours de reconnaissance, essentiellement sur le littoral méditerranéen et la Lorraine.

    • Au déclenchement de la première Guerre mondiale, la mue de l'entrepris est encore très incomplète et le site du Creusot est, sans doute, le dernier dans le centre de la France à concentrer autant d'activités propres à la sidérurgie lourde, comme l'élaboration de la fonte, notamment.

  • Nadège Sougy, maître-assistante à l'Université de Genève, lauréate du Prix d'Histoire François Bourdon, prononce sa conférence "La Machine, une houillère du domaine minier de Schneider & Cie - Contraintes et atouts de l'intégration".

    • 1869 marque la constitution du domaine houiller de la compagnie Schneider. Si elle disposait déjà de la mine du Creusot, elle acquiert Montchanin-Longpendu et la houillère de La Machine située dans la Nièvre. Afin de développer leurs activités sidérurgiques, les industriels creusotins optent pour la maîtrise de leur source d'approvisionnement en combustibles et se dotent d'un domaine houiller susceptible de pourvoir à une partie de leurs besoins.

    • La présentation de Nadège Sougy propose de réviser les liens d'intégration entre la houillère et l'usine sidérurgique du Creusot. En observant les tensions et les phénomènes de consolidation qui se font jour entre les activités de la compagnie, elle invite à comprendre comment l'offre de la houillère s'articule, ou non, aux besoins de l'usine.

    • La mine dispose d'un rythme de production propre où alternent des périodes de prospection, de recherches et d'exploitation. En ce sens, se production ne correspond pas nécessairement aux contingents réclamés par l'usine-mère... Outre ces difficultés, la fourniture doit également satisfaire aux exigences de qualité définies par les utilisations qui en sont faites dans les usines. Qu'ils soient destinés aux chaudières ou aux fours à coke, les charbons machinois doivent disposer de propriétés différentes. Aux variétés géologiques qui déterminent la nature des charbons, s'ajoute la capacité des exploitants à les transformer et à valoriser leur extraction. Les exploitants machinois ont, depuis longtemps, appris à trier, calibrer et épurer leurs charbons pour les rendre commercialisables. Domaine des femmes de La Machine, ces ateliers de triage, criblage, lavage sont aussi une phase technique qui nécessite un équipement adapté aux spécificités des charbons à trier. L'intégration de la houillère à la compagnie Schneider renforce l'importance de ces traitements qui offrent une marge de manœuvre pour modifier la qualité des charbons et les adapter aux besoins des usines du Creusot. Aussi la construction d'une usine de triage-criblage en 1890, fruit de l'ingéniosité locale et de l'expérience des Schneider en matière minière, est un révélateur à la fois de consolidation entre les activités de la Compagnie et de la volonté de coordonner la production et la consommation de houille au sein de celle-ci.

    • Dépassant cette articulation entre l'offre et les besoins du Creusot, Nadège Sougy présente également son insertion dans le marché charbonnier. La houillère conserve, en effet, des ventes au commerce qui sont autant de marchés tampons qui jouent sur la complémentarité des besoins de clientèles différentes.

    • A partir des archives de l'entreprise conservées au siège de la Direction de la houillère de La Machine et des archives de l'Académie François Bourdon, c'est l'impact de l'intégration des activités minières aux activités sidérurgiques - en privilégiant le point de vue de la houillère nivernaise - qui est mis en évidence.

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