ondée en 1985 par d'anciens
salariés de Creusot-Loire désireux de sauvegarder les archives
industrielles de Schneider et de Creusot Loire, l'Académie François
Bourdon est aujourd'hui une association loi de 1901.
Reconnue d'intérêt général présentant un caractère scientifique, son fonctionnement est assuré par du personnel salarié et par des bénévoles.
L'Académie François Bourdon a deux missions :
econnue pour ses compétences et la qualité de ses fonds, elle a le soutien des Archives de France et des Archives départementales de
Saône-et-Loire, des collectivités territoriales, des industriels, d'autres
fondations ou associations.
Elle accueille les chercheurs universitaires et privés (archives) et des visiteurs (exposition). Ses
locaux sont situés au Creusot (Saône-et-Loire), sur le site du Château de la Verrerie, Cour du Manège.
Une exposition permanente "Le Métal, La Machine et Les Hommes" permet de
présenter l'évolution du Creusot, des techniques mécaniques et
sidérurgiques des années 1780 à nos jours.
Des conférences à caractère scientifique, technique, historique ou
d'intérêt local sont organisées plusieurs fois par an ; des ouvrages
thématiques sont régulièrement publiés.
Depuis 1999, le prix d'histoire industrielle François Bourdon est décerné
par un jury issu du Conseil scientifique.
L'Académie François Bourdon, dispose d'un Atelier de Découverte des Sciences et Techniques reconnu
comme Centre de Ressources par l'Education Nationale et ouvert aux classes
maternelles, élémentaires ou de collège.
rançois bourdon, l'ingénieur bourguignon dont notre association porte le nom est issu
d'une famille de notables mâconnais liés à la navigation sur la Saône et au commerce
des grains.
Très jeune, il manifeste le goût de la mécanique. Associé aux affaires de son père,
il utilise la machine à vapeur de la minoterie paternelle pour se lancer dans la construction
de bateaux pour la navigation sur la Saône.
En 1827 il est engagé au Creusot. Mais la faillite de l'entreprise, en 1833,
le conduit à s'expatrier. Il arrive en Amérique, avec " sa règle à calcul et un
dictionnaire d'anglais ". Embauché à New-York dans un chantier de construction navale,
il devient en quelques mois contremaître, dessinateur puis ingénieur. Il visite fleuves
et lacs où la navigation à vapeur est en pleine expansion, en avance sur l'Europe.
Il se voit offrir des postes enviables, mais sa santé le conduit à quitter le Nouveau
Continent. Il s'arrête à Liverpool pour travailler sur des chantiers de construction navale.
C'est alors que les frères Schneider, qui viennent de reprendre Le Creusot, lui offrent
de prendre la tête de l'atelier de construction mécanique où il arrive en mars 1837.
L'activité de François Bourdon est concentrée sur les
différentes applications de la vapeur, particulièrement pour la navigation
fluviale et maritime. C'est pour pouvoir fabriquer les grosses pièces des
machines pour la Marine Royale qu'il invente et met au point le
marteau-pilon.
C'est sous sa direction que se développe, dès 1838, la
fabrication des locomotives.
Homme modeste et simple, il était si estimé de la population creusotine qu'à la Révolution
de 1848, il y eut presque une émeute pour le pousser à poser sa candidature
à l'Assemblée Constituante. Il fut élu avec 97% des voix. Député sans
vocation et sans enthousiasme, il se montre consciencieux, soucieux de
mériter "ses vingt-cinq francs" mais jette un regard lucide sur
l'inefficacité des débats parlementaires. A la fin de son mandat en mai
1849, il reprit, sans regrets, ses fonctions au Creusot.
En 1852, il quitte le Creusot pour prendre la
direction technique des Forges et Chantiers de la Méditerranée à Marseille.
Dans cet établissement il continue à s'occuper de machines marines en y
apportant son esprit d'invention.
Frappé d'une attaque d'apoplexie en 1860 qui
le laisse paralysé du bras droit, il continue à travailler en écrivant et
dessinant de la main gauche, jusqu'à sa mort en 1865.