• Prix François Bourdon – Yves COHEN :« Organiser à l’aube du taylorisme. La pratique d’Ernest Mattern chez Peugeot, 1906-1919. »Presses universitaires franc-comtoises, Besançon, 2001, 490 pages.

2002-4° prix FB - 2002 - 01 Maître de conférence à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Yves Cohen a publié l’ouvrage qui lui vaut aujourd’hui d’être lauréat du prix François Bourdon aux Annales Littéraires de l’Université de Franche-Comté en 2001.
Travail époustouflant, pour reprendre l’avis d’un des membres du jury. Avec cet ouvrage, Yves Cohen renouvelle l’historiographie des pratiques d’organisation industrielle et de l’introduction du taylorisme en France.
Pour cette étude, l’auteur s’est appuyé sur les archives d’Ernest Mattern, ingénieur Arts et Métiers, qui fut directeur technique et directeur des usines Peugeot de 1917 à 1922 puis de 1928 à 1943. Outre les dossiers conservés par l’ingénieur, ces archives contiennent aussi une autobiographie professionnelle rédigée en 1941 et destinée à ses collègues de chez Peugeot.
Conscient des limites de ce type de source, Yves Cohen a su écrire avec un brio extraordinaire une histoire intellectuelle de l’organisation du travail.

 

  • Prix Jeune chercheur – Jean-Philippe PASSAQUI :« Intégration vers l’amont, politique d’approvisionnement en matières premières minérales et combustibles fossiles solides, au sein des établissements Schneider et Cie du Creusot, de 1836 à 1946. »Thèse de doctorat d’histoire – Université de Bourgogne, 2001, 848 pages + un CD Rom.4° prix FB - 2002 - 02

Agrégé d’histoire, Jean Philippe Passaqui a soutenu la thèse qui lui vaut aujourd’hui la mention spéciale du jury en décembre 2001 à l’université de Bourgogne.
Illustration Prix Beau travail, qui aborde un aspect rarement entrevu de l’histoire industrielle, la thèse de Jean-Philippe Passaqui pose la question de l’approvisionnement en minerai et en charbon de l’entreprise Schneider de 1836 au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Importante pour la connaissance des ressources, cette thèse contribue à l’histoire de la géologie minière. Elle éclaire la question centrale de l’évaluation, en quantité et en qualités, de ces ressources par l’entreprise, à mesure que la science pratique progresse.
Cette thèse présente aussi d’une façon nuancée et neuve le rapport entre déterminisme géologique et améliorations techniques qui autorisent de nouveaux usages d’une matière première. La longue durée permet de rendre compte de ces évolutions.
Jean-Philippe Passaqui montre bien aussi que les Schneider ont eu une politique d’exploitation moins économe, moins soucieuse d’avenir que celle des compagnies minières, même s’ils ont progressivement appris à ménager les ressources.
La question des transports dominera longtemps le sujet. On s’aperçoit ainsi que la navigation fluviale ou par voie de canaux est lente, aléatoire. Elle oblige à un stockage de précaution, coûteux en argent et en espace.